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Biodiversité
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Bien communiquer pour davantage de diversité

Lors d'une excursion, le responsable de l'excursion montre une haie aux enfants et aux adultes

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6 min de lecture

Biodiversité

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Les communes sont des acteurs souvent sous-estimés dans la promotion de la biodiversité. Elles n’agissent pas seulement pour la diversité des espèces, mais aussi en tant que catalyseurs d’action. En motivant leurs populations, les communes peuvent être à l'origine de grands mouvements de participation. L’essentiel pour elles est d’opérer une communication ciblée.

Pour montrer l’exemple, il faut être actif sur son territoire. De plus en plus de villes et de communes sont très actives et entretiennent leurs espaces verts, leurs haies et leurs eaux de façon respectueuse de la nature. Moyennant des dépenses modérées, elles créent des milieux précieux et participent à l’interconnexion des écosystèmes.

Le principal impact se produit toutefois dans le contact des communes avec leur population. Certaines communes inspirent confiance et atteignent des groupes de populations variés dans le cadre de leurs activités. Cet effet levier peut être très utile pour la biodiversité et offre de grandes perspectives. En effet, c’est uniquement si le grand public apprend à apprécier la diversité sauvage dans les jardins et sur les balcons et la considère comme un contact précieux avec la nature et une amélioration de la qualité de vie que la biodiversité deviendra un courant dominant.

De la parole aux actes

Mais comment une personne transformera-t-elle son gazon anglais en prairie fleurie ? Comment une haie de lauriers cerises cédera-t-elle la place à un mélange multicolore de buissons indigènes ? Bref, comment générer un changement de comportement ?

La transmission d’informations est une stratégie répandue. Le savoir aide à orienter. Mais l’information n’est que la première étape du processus de changement de comportement. Certes, la connaissance du problème aiguise la conscience des conséquences négatives de certains actes et modes de vie, et les études montrent une corrélation entre les connaissances et le comportement en matière de protection de l’environnement. Mais cette corrélation est relativement faible.

La simple transmission d’informations ne suffit donc pas pour provoquer un changement dans la société. Il faut impérativement la combiner avec des stratégies de motivation et des directives pratiques concrètes. Les gens font en général ce qui leur assure des conséquences positives, et ils évitent ce qui peut avoir des conséquences négatives. Il importe donc d’associer un comportement soucieux de l’environnement avec des conséquences positives.

Une possibilité consiste à définir le changement souhaité de la manière la plus simple possible. Il est également essentiel qu'un comportement respectueux de l’environnement se joigne à une expérience positive. À cet égard, il ne faut pas sous-estimer la composante sociale : l’homme est un être social − il observe les autres et s’en inspire pour définir son propre comportement.

Dialogue avec la population

En ce qui concerne la biodiversité, cela implique dans un premier temps de créer la conscience du problème par la formation. Les communes disposent de plusieurs outils pour expliquer la disparition des espèces et les conséquences qui en résultent : conseils pratiques, notices, bulletins d’information, dépliants ou articles dans le journal local. Dans la mesure du possible, la commune peut aussi rendre visible le sens de son engagement – par exemple, au moyen d’un panneau d’information dans une prairie naturelle.

Lors d'une séance d'information dans une bibliothèque, un expert montre aux quelque 70 personnes présentes ce qu'elles peuvent faire pour la biodiversité dans leur propre jardin

La commune peut par exemple inciter à planter des prairies fleuries dans son propre jardin en organisant une réunion d'information.

Instrument plus coûteux, mais nettement plus efficace : la mise en évidence d’actions faisables et concluantes, par exemple dans le cadre de manifestations publiques, de journées d’action ou de visites guidées. Là encore, la composante sociale peut faire des miracles, car qui dit courant dominant dit aussi : non pas chacun pour soi, mais tous ensemble.

La commune bernoise de Steffisburg combine étroitement son engagement pour la biodiversité avec un travail de relations publiques. Le besoin de sensibiliser plus activement sa population a d’abord suscité l’organisation de manifestations d’information. Il en a résulté toute une série de visites guidées et d’ateliers. Un lieu de rencontre proche de la nature ou un rond-point rempli de biodiversité en sont les résultats concrets – et visibles pour tous. La clé du succès : les gens se rencontrent, agissent ensemble et assument la responsabilité partagée des problématiques.

La commune de Horw (LU) montre également que la biodiversité peut amener du divertissement en créant un sentier naturel, en partenariat avec la fondation Pusch. Il permet à la population non seulement d’expérimenter les mesures communales propices à la biodiversité, mais aussi d’apprendre de manière ludique comment agir elle-même.

La ville de Berne motive aussi ses habitants en faveur de la nature. Elle récompense les balcons et les jardins favorables à la biodiversité et honore ainsi son engagement envers la société civile. La campagne « KlimaBalkon » combine la biodiversité avec l’Agenda 2030. Cette initiative met ainsi en évidence la biodiversité en tant que partie intégrante d’un tout.

Le pouvoir du langage

La forme de la communication exerce une grande influence sur l’acheminement du message – et sa compréhension. La biodiversité n’aura la possibilité de devenir un courant dominant que si le langage utilisé permet de créer un lien avec le quotidien. Parler de prairies fleuries au lieu de surfaces et comparer un tas de branches à un paradis pour hérissons et insectes signifient certes la même chose, mais en disent beaucoup plus. Les images peuvent aussi être très éloquentes : une haie riche en espèces au fil des saisons ou une prairie couverte de fleurs sauvages soulignent la beauté de la diversité biologique.

Cependant, la forme et le langage ne suffisent pas, il faut également utiliser des canaux modernes. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui un facteur incontournable de sensibilisation du grand public. Sur Facebook ou Instagram, les communes atteignent d’autres segments de la population qu’avec la feuille d’information. Une communication adroite peut ainsi toucher efficacement les personnes dont l’avenir est en jeu.

Cet article a été publié dans le numéro 44/2021 du magazine Hotspot du Forum Biodiversité Suisse.


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