Petites structures, grands effets

Dans nos villes, les surfaces rudérales comme les petites structures offrent des refuges essentiels à la faune. Mais pour être comprises et acceptées, elles doivent être expliquées : une communication claire transforme ces gestes en projet collectif.
La biodiversité en milieu bâti ne se limite plus aux parcs ou aux grands projets de renaturation. Elle se joue aussi dans les interstices : au creux d’un mur en pierre sèche, dans une bande de gravier, au détour d’une surface clairsemée ou au cœur d’un simple tas de bois. Ces petits aménagements comme les structures en pierre, tas de branches, lentilles de sable ou surfaces rudérales prennent aujourd’hui une importance croissante dans les stratégies locales de soutien à la petite faune. Elles facilitent l’installation d’abeilles sauvages, de reptiles ou de hérissons, notamment grâce à quelques principes techniques :
choisir un emplacement ensoleillé pour les lentilles de sable et les tas de pierres
ameublir le sol et offrir un refuge hors-gel
assurer un bon drainage
créer des cavités remplies de matière organique pour les petits mammifères
veiller à laisser des accès au centre de la structure
Des gestes simples, reproductibles par toutes les communes… et même par les particuliers.
Lors du cours « Aménager des petites structures et des surfaces rudérales » organisé par Pusch à Lausanne, les participant-e-s ont passé à l’action dans le parc de Valency sous les conseils avisés et l’œil attentif de l’expert Jérôme Gremaud (en bleu).
Communiquer pour transformer le geste écologique en projet collectif
Bâtir ces aménagements ne suffit pas : il faut aussi les expliquer. Pour beaucoup de citoyens, un tas de pierres ou une bande de gravier végétalisée n’évoque pas spontanément un projet écologique. Ces structures peuvent même être perçues comme du laisser-aller si personne n’explique leur fonction. D’où l’importance de la communication : elle donne du sens à ce qui pourrait passer pour un manque d’entretien.
Communiquer sur ces aménagements permet :
de donner du sens à ces installations discrètes
d’améliorer l’acceptation : un-e riverain-e comprend mieux l’intérêt d’une zone « sauvage » s’il-elle sait qu’elle abrite lézards, pollinisateurs ou micromammifères
de créer une culture commune autour de la biodiversité urbaine
de valoriser l’image de la commune qui devient actrice de la transition écologique
de susciter l’envie d’agir chez les habitant-e-s, et parfois même d’encourager des initiatives privées (jardins, cours d’école, entreprises)
En d’autres mots, la communication fait passer l’idée que la biodiversité n’est pas un luxe, mais une composante essentielle du bien-être en milieu bâti.
Dans le magnifique parc de Valency, lors du cours « Aménager des petites structures et des surfaces rudérales », Thomas Ravessoud et Philippe Petoud expliquent aux participant-e-s les aménagements réalisés et les moyens de communication utilisés.
Le personnel communal : le médiateur du vivant
Pour être comprise, la biodiversité doit d’abord être montrée là où elle se manifeste. Philippe Petoud, collaborateur de la Ville de Lausanne depuis quarante ans, dont vingt passés au parc de Valency, en fait l’expérience au quotidien. « Chaque fois que nous réalisons un aménagement, nous en informons le public au moyen d’un panneau installé directement sur place. Le message doit être très court pour être lu : quelques mots suffisent. Nous avons d’ailleurs, à Lausanne, un groupe de spécialistes qui nous accompagne dans cette communication », explique-t-il.
La Ville de Lausanne accorde une importance particulière à la mise en valeur de ces aménagements. Consciente que la compréhension des enjeux dépend d’une information claire et visible, elle soigne sa signalétique, veille à la qualité des messages diffusés et mise sur une présence forte sur le terrain. Cette stratégie permet aux habitants de comprendre immédiatement la fonction écologique des dispositifs et de s’approprier progressivement ces nouveaux aménagements vivants en ville.
« Le message doit être très court pour être lu : quelques mots suffisent. »
– Philippe Petoud, Chef de chantier de Valency Ville de Lausanne – Service des parcs et domaines
Mais rien ne remplace les échanges directs entre les employé-e-s des espaces verts et les passants. Leur rôle est essentiel : expliquer, répondre, rassurer. Les collaborateur-trice-s du Service des parcs et domaines sont d’ailleurs formé-e-s pour transmettre des messages simples et concrets sur les espèces bénéficiaires (lézards, abeilles sauvages, hérissons, hermines…) et les impacts positifs des aménagements.
Communiquer, c’est déjà agir
Ainsi, la réussite des petites structures ne dépend pas seulement de leur construction mais aussi de la qualité de la communication qui les accompagne.
En rendant visibles et compréhensibles ces gestes en apparence modestes, les communes renforcent leur rôle dans la transition écologique et montrent qu’en ville aussi, chaque micro-habitat compte.
Communiquez, vous aussi, les mesures que vous mettez en place pour la biodiversité !